3 jours et 3 nuits de train

Au moment où j’ecris ces lignes nous sommes au milieu du deuxième jour… et ca devient franchement long. La politesse et la délicatesse des russes nous émerveillent chaque seconde. Impossible d’être plus rustre et méchant. Au bout de quelques jours nous commençons à comprendre comment ca se passe. Si un russe a un tout petit peu de pouvoir, il va s’en servir autant qu’il peut. Tous les autres sont cools. Mais ceux qui ont du pouvoir sont vraiment détestables. Il y a un intendant pour chaque wagon et la notre est une vraie mégère. Elle n’est pas spécialement vieille, mais son surnom est déjà Babuchka, qui veut dire grand-mère en russe. Nous avons deux toilettes dans le wagon et l’une des toilettes n’a pas d’eau. Donc ca pue. Et bien Babuchka a donc décidé que les autres toilettes seraient fermées à clés et elle les garde pour elle. J’essaye de lui demander de m’ouvrir pour me laver les dents, elle m’indique d’un geste d’aller me faire voir chez les grecs dans les autres toilettes ou bien d’aller de l’autre côté du prochain wagon qui est le wagon restaurant. Donc c’est soit je passe dans les toilettes qui pue, soit je traverse le wagon restaurant plein de fumeurs avec un film porno qui tourne sur la TV. Super. Elle finit par m’ouvrir elle me dit : « Niet niet pipi »
Je passe les autres aventures mais pour faire simple nous avons plus l’impression d’être du bétail que quoi que ce soit d’autre. L’air conditionné ne fonctionne que quand elle a envie et il fait toujours une chaleur insupportable. Le cuistot du wagon restaurant est le plus détestable d’entre tous, il ne parle pas, il fait toujours des gestes et pousse si on est dans son chemin, vu la taille des couloirs ca arrive assez souvent. Je lui suggère de trouver un autre boulot s’il a du mal avec les trains… Le transsibérien, c’est bien, mais il ne faut pas en demander trop.